Page d'Accueil

Liens

Job d'été à Bannalec
Compte-rendu (p.1/8)

  Livre d'Or

Déjà l’été dernier j’avais voulu travailler en France pendant mes vacances d’été. J’avais dix-sept ans et j’avais appelé plus de 100 auberges de jeunesse dans toute la France métropolitaine mais j’ai été refusée partout. Soit le personnel était déjà complet, soit c’était parce que je n’avais pas encore atteint l’âge de la majorité. Pour cet été, j’ai commencé à chercher sur Internet fin février. J’avais écrit dans des forums que j’étais à la recherche d’un job d’été pour la période du 24 juin au 30 juillet 2004 et demandé à ceux qui étaient intéressés ou qui avaient une proposition, de m’écrire un mail. Une dame m’avait donc écrit que, comme je parlais plusieurs langues, je pourrais travailler dans un office de tourisme. D’abord ma mère n’était pas d’accord car, contrairement aux auberges de jeunesse, l’hébergement n’était pas assuré. J’ai quand même réussi à la convaincre et j’ai rédigé mon curriculum vitae et une lettre de motivation que j’avais d’abord envoyés aux offices de tourisme de grandes villes comme Nantes et Rennes. L’office de Nantes m’a répondu en premier. Ils avaient plus de 200 candidatures par semaine et je n’étais pas prise. Donc, je pensais que ça devait être pareil dans tous les autres offices de tourisme. Mais l’idée d’y travailler me plaisait de plus en plus. J'avais voulu travailler en Bretagne car je ne connaissais pas encore cette région. J’avais juste fait un exposé sur elle en cours de français il y a quelques années et donc envie de la découvrir un peu plus. Une amie qui avait passé une année entière là-bas m’avait dit que le plus joli département était le Finistère, suivi du Morbihan etc. J’ai donc envoyé mon CV à environ soixante-dix offices de tourisme en Finistère, puis à ceux dans le Morbihan. Je recevais beaucoup de réponses négatives. La plupart des offices voulait que je travaille pendant deux mois. Mais étant donné que mes vacances ne durent que six semaines, c’était impossible. Puis, j’ai encore postulé dans les Côtes-d’Armor et dans le département de l’Ille-et-Vilaine, je m’adressais à plusieurs centres de vacances ainsi qu’à quelques hôtels. Ceci fait, j’avais encore deux ou trois réponses positives, mais pour deux mois uniquement et une qui ne s’est pas réalisée car on ne pouvait pas me trouver d’hébergement. C’était dans le nord de la Bretagne, près de Saint-Malo. Beaucoup d’offices de tourisme ne m’ont même pas répondu. Je commençais à désespérer. Les vacances étaient de plus en plus proches et je me suis rendue compte que si je ne trouvais rien, je passerais cinq semaines de mes vacances à la maison à ne rien faire… Je n’avais rien de prévu à part de ce job.

Enfin, le 4 mars, j’ai reçu un mail de l’office de tourisme de la petite commune de Bannalec dans le Finistère. Ils hésitaient entre ma candidature et celle d’une Française de la commune voisine. La présidente de l’office de tourisme, Christine Ligeour, voulait m’avoir au téléphone pour pouvoir évaluer mon niveau de français car je serais toute seule à accueillir les touristes.

Il se trouve que deux semaines plus tard, j’allais être à Paris dans le cadre d’un court échange scolaire. J’avais déjà prolongé celui-ci de trois jours pour mieux pouvoir profiter du week-end qui suivait la période prévue. Je me disais donc que je pouvais proposer à la présidente de faire un petit détour en Bretagne et ainsi venir me présenter. Bannalec est à environ quatre heures de train de Paris. J’étais à la fois très contente et anxieuse avant cet appel. Je me posais des questions. Est-ce que mon français était suffisant, mon accent pas trop marqué ? Allais-je la comprendre au téléphone ? Est-ce qu’elle va me poser des questions sur la région ? Ca allait être une conversation importante pour moi. Mes vacances d’été en dépendaient plus ou moins. Je me suis donc renseignée sur Internet avant le coup de fil, sur Bannalec et ses environs.

Elle voulait m’appeler chez moi un samedi matin. Le samedi suivant son mail, je m’étais levée à sept heures du matin pour être bien préparée. Avec impatience, j’attendais cet appel qui, à midi, n’était toujours pas arrivé. Je ne voulais et ne pouvais plus attendre. C’était horrible. Donc, je me suis lancée et j’ai appelé moi-même à l’office de tourisme. Nicole, la vice-présidente, m’a donné le numéro de téléphone de Christine, la présidente, chez qui j’ai appelé ensuite. Elle avait, elle aussi, une voix très gentille, ne posait pas de questions pour me tester et était ravie de ma proposition de venir à Bannalec pendant deux jours. Elle a même tout de suite proposé de m’héberger dans sa maison, de venir me chercher à la gare et d’organiser un grand dîner avec tous les membres de l’office de tourisme chez elle, pour qu’ils puissent faire ma connaissance. On s’est donc mise d’accord sur ma visite. Quand j’ai raccroché, qu’est-ce que j’étais soulagée ! Et impressionnée par l’hospitalité qui se manifestait dans sa proposition. La conversation s’était très bien passée. Je suis ensuite allée acheter les billets de train aller-retour Paris-Bannalec.